La Liberté

03.03.2021

Plus de 5000 femmes sauvées en cinq ans par SOS Méditerranée

Les femmes ne constituent qu'une petite part des migrants et sont souvent mises au milieu des embarcations par les hommes pour les protéger du naufrage du bateau (archives). © KEYSTONE/AP MSF/HANNAH WALLACE BOWMAN
Les femmes ne constituent qu'une petite part des migrants et sont souvent mises au milieu des embarcations par les hommes pour les protéger du naufrage du bateau (archives). © KEYSTONE/AP MSF/HANNAH WALLACE BOWMAN
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03.03.2021

SOS Méditerannée a secouru en mer plus de 5000 femmes en cinq ans parmi les quelque 33'000 personnes auxquelles elle est venue en aide. Celles-ci sont vulnérables à tout moment pendant leur déplacement vers l'Europe, relève l'ONG.

Ce chiffre, atteint en janvier, est "symbolique" et permet aussi d'honorer le travail des femmes qui oeuvrent sur le bateau de sauvetage, a affirmé à Keystone-ATS le porte-parole de SOS Méditerranée Suisse. Au total, près de 40% des membres du personnel à bord sont des femmes. Parmi elles, cinq à six sont sauveteuses et le reste est réparti entre le dispositif médical et celui d'encadrement organisationnel.

De leur côté, les milliers de migrantes, qui partent pour éviter des mutilations ou des violences, ont été confrontées à des conditions difficiles. Elles se retrouvent souvent dans des centres de détention où viols, torture et chantage sont observés régulièrement, notamment en Libye. Elles sont aussi victimes d'exploitation par des employeurs qui abusent d'elles ou font preuve de violences.

Sur les embarcations secourues, elles sont souvent retrouvées au centre. Un dispositif décidé par les hommes pour les protéger de la noyade. Or SOS Méditerranée considère au contraire ce dispositif dangereux pour elles. Ces femmes sont davantage exposées aux fuites de carburant qui, au contact de l'eau salée, constitue une substance corrosive et libère des gaz toxiques.

Autre problème, elles se blessent facilement avec le revêtement de l'embarcation. Et si le navire prend l'eau, elles sont souvent victimes des effets des mouvements des autres migrants. De son côté, SOS Méditerannée a adapté son bateau à la prise en charge des femmes. Une zone est aménagée pour elles et les enfants. Aucun homme n'est autorisé à y entrer.

Selon les témoignages recueillis à bord, presque toutes les femmes retenues dans les camps de détention en Libye ont été victimes de violences sexuelles. Une membre du dispositif médical dit avoir entendu à des "dizaines et dizaines" de reprises des explications sur des viols perpétrés avec des objets. Une autre responsable de l'ONG dit ne pouvoir que difficilement relayer tous les abus dont une femme a été victime.

ats

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