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L'ONU estime la situation des femmes afghanes "sans parallèle"

Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk dénonce les exécutions en Afghanistan (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk dénonce les exécutions en Afghanistan (archives). © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk appelle à des moratoires sur la peine capitale en Afghanistan et en Iran. © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk appelle à des moratoires sur la peine capitale en Afghanistan et en Iran. © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk appelle à des moratoires sur la peine capitale en Afghanistan et en Iran. © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk appelle à des moratoires sur la peine capitale en Afghanistan et en Iran. © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI


Publié le 09.12.2022


L'ONU dénonce une situation "sans parallèle" dans le monde pour les femmes afghanes. Le haut commissaire aux droits de l'homme a appelé vendredi à Genève à un moratoire sur les exécutions dans ce pays et promet un "suivi" auprès de Pkin de la situation au Xinjiang.

Reprenant l'inquiétude déjà relayée par sa prédécesseure Michelle Bachelet, Volker Türk dénonce l'exclusion "systématique" des femmes et des jeunes filles afghanes. Mais il s'en prend aussi aux punitions corporelles infligées à des citoyens, allant jusqu'à des exécutions qui violent le droit international.

Les autorités de facto doivent s'abstenir de toute nouvelle peine capitale, a affirmé à la presse le haut commissaire. Il en va de même en Iran.

Dès jeudi soir, son bureau avait estimé sur les réseaux sociaux que l'exécution de Mohsen Shekari, 23 ans, qui avait été condamné pour avoir blessé un paramilitaire au début des manifestations, était "incompatible" avec le droit international. Cette sentence est "très troublante", a dit vendredi M. Türk qui dénonce une volonté d'intimider les protestataires.

Parmi les autres pays, il s'est dit "vraiment horrifié" par le massacre d'au moins 131 civils fin novembre en République démocratique du Congo (RDC), selon l'ONU qui accuse les rebelles du M23. Il prévoit de se rendre l'an prochain dans ce pays.

Appel en lien avec les discours de haine

Quelques mois après le rapport de Mme Bachelet qui avait conclu que l'internement de plus d'un million de Ouïghours au Xinjiang pouvait équivaloir à des crimes contre l'humanité, il veut aussi un "suivi". Il va en parler aux autorités chinoises, qui avaient fait capoter une discussion au Conseil des droits de l'homme.

A peine de retour d'Ukraine après une visite de quatre jours, le haut commissaire est revenu sur la situation dans le pays. Il avait déjà fait part de son effroi devant la situation lors d'une conférence de presse mercredi en Ukraine.

Dans les villes visitées, dont Boutcha où des charniers avaient été retrouvés il y a quelques mois, "ce sont les mêmes images de disparitions forcées ou d'exécutions sommaires", a-t-il dit vendredi. Sans parler de l'impact énorme sur les civils avec les températures plus froides, ajoute-t-il.

Dans un rapport publié mercredi, la mission du Haut-Commissariat qui mène des investigations sur les droits humains en Ukraine a affirmé que près de 450 personnes avaient été exécutées par les forces russes dans les premières semaines de la guerre. Cette attitude peut équivaloir à des crimes de guerre, selon elle. Jusqu'à 200 cas supplémentaires doivent encore être examinés, ajoute M. Türk.

Il n'insiste pas sur le fait que des bombardements aient eu lieu à Kiev pendant sa visite en début de semaine. "C'est une guerre", affirme-t-il. Il avait dû rencontrer des défenseurs des droits humains dans un abri, en raison d'alertes et de tirs de missiles. "Je ne l'interprète pas autrement qu'une guerre à laquelle il faut mettre un terme", a-t-il affirmé.

Inquiétude sur Haïti

Ce type d'incident est devenu "normal", y compris pour les collaborateurs de l'ONU. "C'est comme ça", a-t-il encore dit, ne précisant pas si les autorités russes savaient quel était son programme.

Plus largement, après les récents discours de haine relayés sur les réseaux sociaux par des dirigeants comme l'ancien président américain Donald Trump ou des artistes, il dénonce une "déshumanisation" des personnes qui sont ciblées. "Nous devons être vigilants", met-il en garde, exhortant les personnalités politiques à la responsabilité et rappelant qu'il avait envoyé une lettre au nouveau patron de Twitter Elon Musk.

Autre situation, l'Autrichien estime "inconcevable" qu'Haïti soit aux mains de gangs qui capitalisent sur la corruption, les inégalités sociales ou encore l'impunité dans le pays. Depuis le début de l'année, cette situation a fait près de 1500 tués et presque autant de blessés, a précisé le haut commissaire. Certaines ONG avancent elles un chiffre deux fois plus important.

Les gangs contrôlent plus de 60% de Port-au-Prince et 4,7 millions de personnes font face à une malnutrition aiguë. Le haut commissaire appelle à une réponse internationale et estime "important" le régime de sanctions décidé par le Conseil de sécurité de l'ONU et qui doit entrer en vigueur prochainement.

A la veille de la Journée internationale des droits de l'homme, il a aussi annoncé le lancement d'une campagne d'une année pour les 75 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Il avoue qu'il ne changerait aucune composante de celle-ci. Et le haut commissaire d'appeler aussi les dirigeants à penser à elle "comme leur obligation" internationale.

ats

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