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Guide de l'Euro: les calculs d'apothicaire et le précédent portugais

Et la frappe de Shaqiri, qui s'envole droit dans la lucarne turque! © Keystone
Et la frappe de Shaqiri, qui s'envole droit dans la lucarne turque! © Keystone


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21.06.2021

Chaque lendemain de match, nos spécialistes football vous concoctent un résumé des points cruciaux des rencontres de la veille, et vous mettent en appétit avant ceux du jour, histoire de ne pas être perdu dans les discussions à la machine à café ou autour d’un apéro.

Ce qu’il ne fallait pas louper

 

Evidemment, la performance de l’équipe de Suisse. Après la déroute italienne, la Nati était attendue au tournant. Et elle a répondu de la plus belle des manières face à des Turcs fragiles derrière mais plutôt joueurs une fois le milieu de terrain dépassé. Le bon match de l’équipe de Suisse se voit d’ailleurs dans les statistiques. La rencontre d’hier est celle, depuis le début de la compétition, lors de laquelle la Suisse a le plus tiré (21 frappes). Mieux: les coéquipiers de Shaqiri ont cadré davantage de tentatives hier que lors des deux premiers matches réunis (10 tirs cadrés hier, contre 7 au total pour les deux matches précédents).

Plus piquante encore, la statistique des kilomètres parcourus. Après la défaite face à l’Italie, le déficit de courses de la Nati par rapport à la Nazionale avait été largement pointé du doigt. Qu’en a-t-il été hier? Les Suisses ont couru 106,5km. C’est 3,7km de plus que leur adversaire du jour, mais à peine 500m de plus que contre l’Italie. Impossible donc de ne corréler la qualité d’une rencontre qu’à la distance parcourue par ses protagonistes. La Russie, par exemple, est l’équipe qui a le plus couru depuis le début de la compétition (115,1km pour une défaite 3-0 face à la Belgique et 119,3km lors de la victoire 1-0 face à la Finlande). Difficile pourtant de dire que la Sbornaïa a marqué les esprits depuis le début du tournoi.

 

Ce que vous avez bien fait de louper

 

A l’impossible, nul n’est tenu. Si vous étiez devant la victoire suisse hier, vous n’avez pas pu voir celle de l’Italie face au Pays de Galles. Vous auriez vu le retour de blessure de Marco Verratti, passeur décisif sur la soyeuse déviation dans le petit filet de Matteo Pessina. Vous auriez surtout vu le grand tournus opéré par Roberto Mancini. Alors que son équipe était déjà assurée d’être qualifiée – mais pas de terminer première – le sélectionneur italien a décidé d’impliquer l’entier de son équipe dans le tournoi. Ainsi, 8 des 11 titulaires hier ne l’étaient pas face à la Suisse. Et le tournus a continué durant la rencontre, avec une scène rare dans le football: le remplacement, effectué à la 89e minute, du gardien titulaire Donnarumma par son remplaçant, Sirigu. Non, le probable futur portier du PSG n’était pas blessé.

 

Ce dont vous allez entendre parler

 

La Suisse, ira en 8e ou n’ira pas? L’heure est aux petits calculs. Bonne nouvelle: les hommes de Petkovic ont de très grandes chances de se qualifier pour la suite de la compétition. Pour valider leur ticket, il «suffit» aux Suisses que deux troisièmes de groupes terminent avec moins de points qu’eux ou, en cas d’égalité sur cette statistique, avec une moins bonne différence de buts (-1). Bonne nouvelle bis: les Suisses pourraient même être déjà qualifiés ce soir si ces deux conditions sont satisfaites:

1 » La Belgique bat la Finlande ou la Russie ne gagne pas contre le Danemark

2 » l’Ukraine et l’Autriche ne font pas match nul.

 

Ce que vous pourrez ressortir à l’apéro

 

«Les Suisses n’ont pas été capables de terminer mieux que 3e de leur groupe. Ils se feront de toute façon éliminer en 8e de finale.» Cette phrase de rabat-joie, il se peut bien que vous l’entendiez à de nombreuses reprises dans le courant de cette semaine. Que répondre à ces pessimistes? Un argument imparable! La qualification des 4 meilleurs 3e de groupe pour la phase à élimination directe est une invention récente. Ce système n’a, par le passé, été appliqué qu’une fois, lors de l’Euro 2016. A l’époque, les quatre troisièmes repêchés étaient la Slovaquie, l’Irlande, l’Irlande du Nord et... Le Portugal. Oui, le Portugal, futur champion d’Europe. Pire: avec trois points en trois matches et un goal-average de 0, la Seleção das Quinas était la moins bonne équipe qualifiée en huitième de finale, à égalité avec l’Irlande du Nord. Ce qui ne l’a pas empêchée ensuite de passer les tours les uns après les autres, jusqu’à l’entrée d’Éder, en toute fin de rencontre face à la France. Le reste fait partie de l’histoire. 

Les derniers instants de la finale Portugal – France commentée par les journalistes de la radio publique portugaise:


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